Mexico, ville la plus prometteuse pour la mobilité électrique

La Formule E est une véritable vitrine de la performance et de la viabilité des véhicules électriques, et l’opinion publique, en réclamant la généralisation de ces véhicules dans cette ville fervente de voitures, offre sans doute le meilleur espoir de résoudre les problèmes tenaces de qualité de l’air.

De toutes les villes où se tiendront cette année les courses de Formule E, Mexico est peut-être la plus prometteuse pour la généralisation des voitures électriques, grâce aux technologies d’ABB.

Si la généralisation des voitures électriques captive tant d’attention, c’est non seulement parce que cette ville est tristement célèbre pour être l’une des pires dans le monde pour la pollution atmosphérique, essentiellement causée par les véhicules à combustibles fossiles, mais aussi parce que les habitants de Mexico vouent un culte sans borne aux voitures particulières, malgré les efforts de l’administration municipale pour lutter contre ce problème en limitant la circulation de ces voitures et en investissant massivement dans les transports en commun.

Dans une étude menée l’an dernier, un professeur en administration de l’Université de la Californie à Berkeley a constaté que l’une de ces restrictions — qui consistait à réserver, le samedi à Mexico, la circulation automobile aux voitures portant des plaques d’immatriculation désignées — n’avait guère permis d’améliorer la qualité de l’air. Cette mesure n’a pas non plus permis d’augmenter l’achalandage des transports en commun le samedi, dans les autobus à combustibles fossiles et électriques du parc automobile de la ville comme dans le réseau de trains légers.

« Les automobilistes ont fait appel à d’autres moyens pour contourner les restrictions imposées à la circulation, a déclaré ce professeur, M. Lucas W. Davis, dans un billet publié sur un blogue. Certains achètent plusieurs voitures, et d’autres prennent des taxis ou Uber. »

Si Mexico et ses 20 millions d’habitants veulent réduire les émissions de carbone et les autres polluants créés par le transport, ils devraient sans doute plutôt promouvoir l’adoption des voitures électriques. Pour ce faire, il faudrait investir dans une infrastructure publique de bornes de recharge rapide et dans un réseau électrique à énergie renouvelable pour alimenter les véhicules électriques (VE) sans polluer l’atmosphère.

Les technologies permettant de le faire existent déjà. En fait, la plupart se généralisent partout dans le monde et sont l’œuvre d’ABB, qui a plus de 40 ans d’expérience au Mexique à titre de partenaire essentiel de l’industrie des services publics électriques du pays, en plus de fournir des robots industriels à certaines usines de construction automobile au Mexique.

« Mexico est sans doute la ville idéale pour un partenariat public-privé dans le domaine des voitures électriques, a déclaré M. Frank Muehlon, chef mondial du secteur des infrastructures de recharge des VE. La population de cette ville hésite à renoncer aux voitures particulières, et le gouvernement a bien l’intention d’enrayer la pollution atmosphérique et le changement climatique. En outre, Mexico est la capitale d’un pays qui dispose, dans les villes moins habitées, de sources potentiellement abondantes d’énergie solaire et éolienne et d’hydroélectricité, auxquelles on pourrait faire appel, malgré l’éloignement, pour produire de l’électricité propre. »

Il ne fait aucun doute que l’administration locale s’est engagée à maîtriser les émissions de carbone. Mexico fait partie du C40, conseil international regroupant les mégapoles et qui, selon son site Web « entend lutter contre le dérèglement climatique en soutenant l’action des villes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et les risques climatiques ». Le maire de Mexico, M. Miguel Ángel Mancera, a déclaré qu’il entend interdire les véhicules à moteur diesel à Mexico d’ici 2025.

Les chargeurs rapides à la rescousse

Partout dans le monde, l’un des plus grands obstacles qui se dressent contre la généralisation des voitures électriques chez les consommateurs est la rareté des réseaux publics de bornes à même de recharger rapidement les batteries lorsque les automobilistes prennent leur voiture.

Or, pour triompher de cet obstacle, il est possible de généraliser les bornes de recharge rapide construites par ABB et qui permettent de recharger les batteries des voitures en l’espace de quelques minutes. Plus de 6 000 de ces bornes, déjà installées dans plus de 55 pays, sont aménagées sur les grandes artères de pays comme l’Islande, l’Allemagne, la Bulgarie et le Sri Lanka. Ces bornes de recharge, dotées des fonctions de réseau numérique ABB AbilityMC, qui permettent de traiter la facturation et le paiement, sont d’ores et déjà en service et constituent, pour les VE, l’équivalent des stations d’essence.

Il va de soi qu’en définitive, les VE ne sont pas polluants si leur source d’alimentation électrique ne l’est pas elle non plus. Pour ne produire absolument aucune émission, ces véhicules doivent être alimentés par une énergie renouvelable.

À l’heure actuelle, près des trois quarts de l’électricité du Mexique sont toujours produits par des centrales électriques à combustion fossile. Or, ce pays dispose d’un abondant potentiel pour produire une grande partie de son énergie à partir de sources renouvelables, dont l’hydroélectricité et l’énergie éolienne, solaire et géothermique.

La société italienne d’énergie Enel s’emploie à construire des installations éoliennes, solaires et hydroélectriques partout au Mexique. Elle est notamment en train de construire, sous l’appellation Amistad, un vaste parc éolien dans l’État du Coahuila, qui lisère le Texas. ABB fournit, dans le cadre du parc éolien Amistad d’Enel, la technologie essentielle des disjoncteurs.

Transport d’énergie sur de longues distances

Il ne serait pas possible d’installer de vastes parcs solaires ou éoliens à Mexico à cause de la densité de la population. Or, la géographie n’est plus un obstacle dans l’adoption de l’énergie durable. Le transport de l’énergie à haute tension malgré l’éloignement est une autre spécialité d’ABB, chef de file mondial dans ce qu’il est convenu d’appeler les systèmes en courant continu à ultra haute tension (CCUHT).

En transportant l’électricité en courant continu (CC), puis en la convertissant en courant alternatif (CA) utilisé par le réseau électrique, les liaisons en CCUHT d’ABB permettent de transporter d’énormes quantités d’électricité sur de longs trajets. Il y a peu de perte d’énergie et on n’a guère besoin, sur le parcours franchi, des nombreux transformateurs spécialisés et autres systèmes auxiliaires qu’il faudrait prévoir dans le transport en courant alternatif sur de longs trajets.

Par exemple, une liaison en CCUHT d’ABB, qu’on vient de mettre en service, transporte aujourd’hui l’hydroélectricité à partir des régions du Nord-Est et de l’Est de l’Inde. L’électricité parcourt plus de 1 700 kilomètres pour alimenter la région des environs d’Agra, ville de 1,6 million d’habitants (et siège du Taj Mahal) qui est depuis longtemps aux prises avec la pollution atmosphérique causée par les centrales et les véhicules à combustibles fossiles. L’électricité transportée grâce à cette liaison et distribuée dans tout le Nord de l’Inde permettrait de répondre aux besoins de 90 millions d’habitants.

En outre, ABB livre et installe la technologie CCUHT en Chine, qui compte la plus forte proportion de véhicules électriques dans le monde. Grâce aux systèmes en CCUHT à plus de 1 100 kilovolts, la Chine peut transporter l’énergie depuis ses régions de l’Ouest et du Nord-Ouest jusqu’aux grands centres de consommation, situés essentiellement dans l’Est. Dans les villes peuplées de l’Est de la Chine, la pollution atmosphérique causée par les voitures à combustibles fossiles et les centrales au charbon ralentissement considérablement le rythme du développement économique de ce pays.

Au Mexique, la technologie CCUHT, qui permet de transporter l’énergie propre depuis les régions du pays les plus appropriées pour la produire — comme le parc éolien Amistad, à près de 1 300 kilomètres de Mexico — viendrait alimenter cette mégapole en énergie durable. On pourrait alors faire fructifier le savoir-faire d’ABB dans la gestion de l’énergie et l’intégration des autres formes d’énergie dans le réseau public, ce qui pourrait alimenter toutes les voitures électriques et bornes de recharge rapide et offrir à cette ville un avenir plus vert et plus climatoconvivial.

« Si les voitures doivent devenir le mode de transport privilégié des habitants de Mexico, conclut M. Frank Muehlon, il est logique d’adopter les technologies qui assurent la viabilité et la durabilité de la mobilité électrique. »

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